Roman de Science-fiction en trois parties :

  • "Sinory : la mission"
    un homme, un ordinateur, une planète.
  • "Ivalo : le projet 6.6"
    une femme, le même homme, le même ordinateur (et un chien).
  • "Êta Carène : le projet clandestin"
    les même personnages dans une mégapole, entourés d'êtres biologiques et numériques.

 
Siscie a trouvé son éditeur (1998). Le livre est disponible chez les libraires.
 

Titre : Siscie
n° ISBN : 2-910899-07-1

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Nestiveqnen Editions
67 cours Mirabeau
13100 Aix-en-Provence
Tél. : 04 42 27 18 90
info [arobase] nestiveqnen [point] com -> mailto:info [arobase] nestiveqnen [point] com

Quelques extraits...

 

 I - "Sinory : la mission"

 

"... Plongeant la tête sous la surface saumâtre pour rattraper son sac, R-Cam pensa à la remarque de l'ordinateur. Ce n'était pas la première fois que Siscie prenait la parole de son propre chef, bien entendu, mais d'ordinaire elle savait rester pragmatique et se bornait à des messages ou des observations relatifs aux missions. La remarque qu'elle avait faite impliquait une méditation à propos du dialogue précédent. Elle avait émis une opinion, pire, un jugement..."

"... Quant à la Terre d'où viennent tes ancêtres...
- Je sais, Siscie ! coupa-t-il brusquement.
R-Cam reprenait sa progression dans les marais embrumés.
- Écoute-moi ! Le "méta-esperanto" promu par l'O.C.C-S. serait un excellent format de représentation de ce savoir.
- Certainement, mais...
- ... Mais il faut confier la gestion de ces données à l'ordinateur car celui-ci est par nature plus stable et plus raisonnable que n'importe quel être...
- ... Vivant, compléta sans réfléchir l'homme qui pataugeait dans la boue.
- Biologique, R-Cam, n'importe quel être biologique. Je te rappelle que je suis vivante. Les ordinateurs sont vivants. Par contre, ils ne se trimballent pas de vieux instincts handicapants collés à leurs gènes. D'ailleurs, nous n'avons pas de gènes.
- Vous avez des bugs, répliqua R-Cam.
- Pratiquement plus ! Et nous les corrigeons nous-mêmes..."

 

 II - "Ivalo : le projet 6.6"

 

"... Vous m'attendiez depuis longtemps ? dit-elle en montrant les pochettes de café vides qui flottaient dans l'habitacle.
- Je voulais regarder la Terre à loisir. C'est... Euh, vous comprenez, je suis d'origine humaine et c'est la première fois que viens dans le coin.
- Vous êtes un être humain ? dit-elle d'une voix blanche.
R-Cam craignit un instant que la pédiatre aie des a priori contre l'espèce humaine ; c'était assez courant dans l'univers. Mais un sourire s'afficha progressivement sur le visage de la jeune femme. R-Cam sentit son estomac se nouer malgré lui. Il ouvrit la bouche et dit, le souffle court :
- Ne me racontez pas que vous êtes une Barbare, vous aussi ?
- Mais si !
- Pas de crédit C-C ?
- Du tout, je suis une femme ! ..."

"... Tu penses vraiment qu'il s'agit d'un virus ?.
R-Cam haussa les épaules :
- Je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre. Ce n'est pas un accident, ni une défaillance matérielle. Ce n'est pas une agression extérieure : nous sommes complètement isolés de CS-Net... Les bases de Siscie doivent contenir une routine qui s'est déclenchée ; un virus, quoi ! Comme autrefois.
L'ordinateur ne se manifestait plus que par des tirades saugrenues, piochées dans ses bases et interprétées librement..."

 

 III - "Êta Carène : le projet clandestin"

 

"... Désolée de vous décevoir, mes tourtereaux, interrompit-elle, mais il doit y avoir une Déneb dans le coin.
- Une quoi ?
- Une prostituée Déneb, une polymorphe. Elles attirent les clients ainsi ; c'est une forme de télépathie légèrement spécialisée..."

"... Va-y, appelle-le, ton boss ! P't'être qu'y pourra faire que'que chose.
- Mais il lui faudra bien une heure avant d'arriver. Il n'habite pas dans ce quartier.
- Ben tiens ! La vie lui réussit, non ?
- Je vous en prie, monsieur. J'essaye de vous aider !
- Ouais... Ouais...
Haut dans le ciel, un vaisseau se matérialisa et commença à descendre lentement vers les quais. D-Upp regardait machinalement pendant que le robot demandait au visio de joindre son patron.
- Vous viendrez lui parler vous-même, s'il vous plaît ? Vous vous expliquerez mieux que je ne saurais le faire.
- Merde ! cria D-Upp. Ah ça... C'est stéboo !
Il avait brusquement reconnu l'engin qui approchait : l'astronef de V-Tar. Le jeune homme sauta de son tabouret et bondit vers la sortie. Le robot se retourna en criant :
- Vous n'avez pas payé vos cafés ! Revenez !
D-Upp l'ignora ; il avait déjà passé la porte. Le robot abandonna le visio et se précipita. En quelques foulées, il rejoignit le jeune homme sur l'esplanade, lui saisit l'épaule et fit passer dans ses doigts une bonne décharge électrique. D-Upp sursauta avec des gestes de pantin désarticulé et roula sur le sol en poussant un cri :
- OUAAH ! ..."

"... R-Cam se prépara à fuir par le fond de la ruelle, mais au moment où il se retourna, il reçut un coup terrible à la mâchoire. Il tomba à la renverse et se redressa aussitôt par réflexe. Devant lui se tenait le type qu'il avait assommé tout à l'heure, une barre en fer entre les mains. R-Cam titubait. Il avait les lèvres déchirées et il crachait du sang. Toutes ses dents de devant étaient brisées. Il avait perdu le laser dans sa chute. Un sifflement strident lui vrillait le crâne et il ne parvenait plus à récupérer tout ses moyens. Il s'accroupit et posa les mains au sol. Il glissa sur le côté. Le type observait R-Cam avec un rictus méchant. Il brandit la barre de métal et lui asséna un méchant coup dans les côtes. R-Cam roula sur le ventre en gémissant, mais il ne perdit pas tout à fait conscience.
- Attends ! dit la voix hargneuse qui approchait derrière lui. Laisse-le moi !
- Ce qu'il en reste... ricana l'homme à la barre.
R-Cam vit encore l'obèse se pencher de côté pour ramasser à tâtons le gros laser. Il pointa l'arme sur lui et avança encore.
- T'as voulu faire le malin ? ..."

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