le vieil égoïste

le vieil égoïste
sa solitude lui est chère
mais il aide les autres
lorsqu'elle lui pèse

ataraxie

les agités disent
qu'il souffre d'ataraxie
comme s'il était malade

ils jugent son état ennuyeux

ce lac

ce lac bien dessiné
est mégalomane

Si large
si lisse
si net
si grand
et tellement borné

Monod est désespérant

Monod est désespérant
il ne compte que sur l'espoir
et cultive son pessimisme
assidûment

les os de leur mère

Deucalion et Pyrrha
ont-ils bien réfléchi
lorsqu'ils ont lancé
les os de leur mère
derrière leur dos ?

le vieux est mort

le vieux est mort

la curée a commencé
c'est ginette
qui a eu le congélo

etc.

un chien aboie

loin,

un chien aboie
robot métallique
ou vieille conserve de fer

à ce bruit
les arbres reculent subitement
ils se croient d'une autre ère
trop de verdure vraie
éculée

je reste avec eux

le mouton

"mais où sont les autres ?"
se demande la brebis soudain angoissée
qui se réveille d'une sieste inopinée

Bernard Lubat

Ah !
ce que c'est
que le pouvoir
des ordinateurs

avec eux,
même Bernard Lubat
fait de la new age

une terre_humide

je plonge tendrement la main
dans une terre humide

nostalgie ancestrale
obscur regret d'être devenu un homme
et d'avoir perdu quelque chose

à coups de virtuel

les abstractions
ne sont bonnes que pour jouer

l'homme est concret
il se vautre dans la réalité
il se fait du mal à coups de virtuel

ce point d'équilibre

Tu ressembles
à ce point d'équilibre
entre immobilité
et mouvement, soit...

tu te casses la gueule

beau style et bas instincts

Nos classiques, même Corneille que je préfère,
ont peut-être porté la langue à ce qu'elle a de plus beau,
tellement beau que leurs textes passent toutes modes.
Il n'empêche que les sujets de leurs vers
sont toujours des intrigues sournoises, des trahisons,
des injustices et des jalousies
d'hommes et de femmes butés.

Du beau style pour de bas instincts.

Qui aurait fait du beau dans la forme autant que dans le fond ?
Hugo, les romantiques ne traverseront pas les modes.
Trop de démesure, trop de trompettes.

Qui ?

Les Grecs, encore.
D'abord Homère. Ne pas oublier Hérodote.
Ils restent les maîtres de l'équilibre.
Ils l'ont trouvé très vite et personne n'a su les égaler encore.
Comme nos classiques qu'ils ont si souvent inspiré,
ils maîtrisent la forme, pourvu qu'on y soit habitué.

Mais le fond aussi.
On ne cesse de le leur emprunter ; on ne sais pas le traiter.
De l'Iliade, on ne voit plus que la violence :
"Et ses armes sonnèrent sur lui"...

On ne lit plus le reste, la condition humaine,
ses limites et sa beauté malgré tout.

On ne comprend plus Achille, Hector et Patrocle
comme ils les comprenaient, eux, les Grecs.

le nom de l'autre

L'aimez-vous ?

Écoutez-vous penser
le nom de l'autre

fatigué

Un moment agréable, très doux,
c'est celui où lassé
de ces efforts et de ces attentes,
j'abandonne.

J'éteins les machines,
je ferme les livres,
je me passe de l'eau sur le visage
et m'effondre sur le lit
sous le tas des couvertures.

Plus rien n'importe,
seul compte de fermer les yeux,
d'écouter ce corps fébrile et fatigué
qui bientôt ne pèse plus rien.

patriotisme

pourquoi pas cette image ?

on confond bien patriotisme
et match de foot !

être et avoir

nous sommes la confusion
des verbes être et avoir

lui mon père

lui mon père, moi son fils
et son petit-fils dont je suis le père
je les sais tous les deux mais eux s'ignorent
la frontière est fermée. fermée. fermée.

la mort est indifférente à la vie
et c'est sur la pierre de mon père
que j'ai clairement compris
qu'aucun dieu ne peut exister

des NOP

mon esprit fait des NOP

je sens pourtant, confusément,
que tournent d'autres routines

autant y croire...

une mémoire de verre

Flux précipité
dans une mémoire de verre

contourne vite les impuretés
et crée des idées trop lisses
au tempo d'une horloge si vive

toujours plus rapide

Prends le temps, machine,
rêve puis réfléchis !

les chats

les chats regardent
la nuit

comme une journée
qui commence

tes dents

un sourire étrange...
tes lèvres de profil
mais tes dents me font face

la paix

faire la paix
c'est finalement ficher la paix

aider l'autre, s'occuper de lui
c'est déjà une guerre ?

les peurs

d'abord l'innocence
puis viennent toutes les peurs
en cortège
et c'est la naissance d'un homme

le chlorate

chlorate...

12 tranches

au lieu-dit " la prairie "
12 tranches viabilisées
font comme un cancer
sur la peau d'une mémé


Tatiana

Tatiana
au courage que j'admire
mais ne partage pas

15 avril 2002

respire !

respire mon petit,
respire

ne te laisse pas arrêter

les enfants

que les enfants
soient des promesses
non tenues

l'idée de partage

L'idée de partage, sur le réseau,
était belle... elle était fausse.

Parce que l'information
n'avait pas acquis encore toute sa valeur
parce que ceux qui donnaient
ne savaient pas vendre.

Ils auraient vendu sinon, ou bien caché.

Plus l'info aura valeur marchande
moins on l'offrira.

Peu d'hommes sont vraiment altruistes
et les marchands ont découragé les autres.

vos secrets

dites-moi votre méthode, ou bien n'en avez-vous pas ? et ainsi depuis l'aube des temps, avant moi avant nous, est-ce par habitude ou est-ce ainsi faute de ne savoir faire autrement ? du dénuement une cause abandonnée à la fatalité. donnez-nous vos secrets les plus simples

en crise

marcher

c'est se déséquilibrer volontairement
pour avancer le pied in extremis
c'est-à-dire qu'on s'oblige à tomber
pour avancer un peu

pour un pas simplement
ou pour ses plus grandes oeuvres
l'homme n'agit jamais
que lorsqu'il est en crise

Dommage

le Papy d'à côté

sur le sens de la vie
à qui demander conseil ?

à Jean-Marie Messier
ou au Papy d'à côté,
celui en bicyclette ?

J2M

vous cherchez des criminels ?

j'en connais un
qui vole de l'eau :

J2M, ennemi public numéro un

le cheminement

Dans la forêt,
épaisse

Le che-mi-ne-ment
est nécessairement
long

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